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 IRENE + you accept the love you think you deserve

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Nola Davis-Potter
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MessageSujet: IRENE + you accept the love you think you deserve   Lun 09 Mai 2016, 01:37




Lady Irene Delaney
Nous étions faits pour être libres
Nous étions faits pour être heureux
Comme la vitre pour le givre
Et les vêpres pour les aveux
pièce d'identité

NOM ≈ Delaney PRÉNOM(S) ≈ Irene, Serena ÂGE ≈ Trente-quatre ans LIEU DE NAISSANCE ≈ Londres STATUT SOCIAL ≈ Fiancée MÉTIER ≈ Directrice commerciale de la Maison de vins Delaney ORIENTATION SEXUELLE ≈ Hétérosexuelle GROUPE ≈ 30 ans sinon rien AVATAR CHOISI ≈ Michelle Dockery

les informations en vrac

Vous aurez souvent l'occasion de l'appeler Lady Delaney: étant héritière d'un titre de comtesse, c'est ainsi qu'il convient de s'adresser à elle. Si par le passé elle s'est montrée agacée par ce titre, aujourd'hui elle l'utilise couramment. ≈ Irene a été fiancée deux fois, à vingt-cinq ans et trente-trois ans. La première fois, ce fut avec son meilleur ami, Jamie Keynes: aucun des deux ne voulant de cet union arrangée, ils s'arrangèrent pour rompre les fiançailles. Et maintenant, plus par dépit que par choix, mais elle n'est pas malheureuse malgré sa résignation. ≈ Irene est restée amoureuse du même homme depuis près de dix ans, sans jamais l'avoir revu depuis. ≈  Elle porte sur elle son appartenance sociale et se comporte de manière absolument parfaite en société: elle est agréable, souriante, polie, a toujours le bon mot pour entamer une conversation... Néanmoins elle peut se montrer remarquablement cassante lorsque les choses lui déplaisent. Pourtant, elle ne hausse absolument jamais la voix, mais son seul ton et ses mimiques suffisent à comprendre son intention. Elle a d'ailleurs la détestable manie de lever les yeux au ciel lorsque quelque chose l'ennuie ou l'agace. Par ailleurs, elle pense beaucoup plus qu'elle ne parle et ça peut parfois être déstabilisant pour ses interlocuteurs lorsqu'elle va droit au but. Elle aime que les choses soient précises, bien faites et bien dites. ≈ Elle a étudié avec brio l'Histoire de l'Art et la Littérature Anglaise à l'Université de Cambridge. Pourtant, elle n'a jamais exercé professionnellement ni dans l'un, ni dans l'autre. Actuellement, elle s'occupe de la gestion commerciale des domaines viticoles de son père, en France et en Australie. Auparavant, elle co-gérait une galerie d'art, et avait travaillé pour une prestigieuse maison de vente aux enchères. Bien avant cela, elle avait fait partie d'une mission humanitaire envoyée en Afrique du Sud. Bref, Irene aime varier ses occupations... et elle a une approche du travail très "aristocratique": elle n'en a pas vraiment besoin, c'est plus pour tromper la lassitude de son quotidien et éventuellement renforcer sa position sociale. ≈ Irene boit très peu d'alcool, seulement en de grandes occasions ou après une journée particulièrement chargée - pareil pour la cigarette, qui est un vice découvert sur le tard. Elle déteste ne pas avoir le contrôle d'elle-même ou de son image. C'est très important: plus que de la superficialité, c'est quelque chose qui lui a été inculqué depuis sa plus tendre enfance, et elle n'est pas prête de s'en détacher ≈ C'est une lady accomplie: danse, peinture, musique, chant, équitation... on lui a tout fait faire. De ces aptitudes, elle n'a gardé que la peinture et le piano: le reste remonte à son enfance et elle ne se souvient pas avoir développé une passion folle pour ces activités. ≈ Elle déteste devoir quitter sa zone de confort ou baisser ses standards: n'ayant toujours vécu que dans le luxe, elle vit dans un monde complètement parallèle. Les grandes surfaces, les magasins de prêt-à-porter et les supermarchés la mettent toujours mal à l'aise. Elle semble toujours surprise par le mode de vie des gens "normaux" et peut parfois sembler un peu brutale lorsqu'elle est confrontée à des situations qu'elle ne maîtrise pas: ce n'est pas de la méchanceté ou de la prétention, plutôt de la naïveté mal placée. ≈ Elle porte toujours une fine chaîne en argent autour de son cou, et ne l'enlève absolument jamais. ≈ Ses artistes préférés sont Lana del Rey et Bob Dylan, elle adore l'opéra La Traviata et elle a vu au moins six fois Hamlet en représentation. Irene est aussi passionnée de poésie, et sa période préférée est l'impressionnisme français. ≈ Elle a eu un coup de coeur pour l'Australie dès les premies instants mais n'y est jamais retournée avant cette année.

le joueur derrière l'écran

sur le net, on m'appelle mou, mais appelez-moi Manon J'ai tout juste 21 ans, et je viens de France. J'ai découvert 30YSY grâce à PRD, et j'ai cédé à m'inscrire parce que je suis complètement irresponsable mais le PV était trop beau pour passer à côté! Malgré mon emploi du temps chargé, je pourrais tout de même être présente deux fois par semaine. Mon personnage est un scénario de Jonathan Deauclaire. Je suis contente de vous rejoindre dans l'aventure, et allons-y, Alonso !

Code:
<pris>Michelle Dockery ≈</pris> irene delaney




Dernière édition par Alba Montero le Ven 13 Mai 2016, 02:01, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: IRENE + you accept the love you think you deserve   Lun 09 Mai 2016, 23:25

Née à Londres dans une famille aristocratique implantée depuis des siècles, grand-père Lord, patrimoine énorme. Père: Arthur Delaney, mère: Ophelia Claremont, frère: Georges; nièce: Esperance; belle-soeur Edith.
George premier enfant, ses parents ont 20 ans. Naît 15 ans plus tard --> grosse différence, peu de contacts avec George. Enfance parfaite, éduquée dans un moule pour devenir une lady. Née en 1981 mais milieu ultra-conservateur donc échappe aux années folles + perte influence de l'aristo dans les années 70. Fréquente uniquement gens de sa classe, caste très fermée. Très amie avec Jamie King. Brillante, belle, vraiment parfaite lady, sait où est sa place. Vie parfaite: danse, musique, chant, maîtrise les arts. Etudie la littérature et l'histoire de l'art à Cambridge au lieu du projet de mariage que ses parents ont déjà pour elle à tout juste 18 ans. Année de césure en Amérique du Sud (Chili). Quelques années de répit mais pas d'avenir sérieux. Plutôt destinée à un rôle traditionnel. L'université lui ouvre les yeux sur un monde pas connu, découvre la liberté et souhaite de moins en moins reproduire l'existence de ses parents. Aussi, naissance de sa nièce 10 ans après elle: très proches.
Termine son master et pas de plans d'avenir, refuse fiançailles, envisage de travailler dans l'édition ou dans les métiers de l'art. Accompagne son père et George en voyage en Australie pour y débuter un commerce de vins.
Extraordinaire, tombe amoureuse de ce pays, tout est si différent, si sauvage, si lire. Pas de soucis financiers, jouit d'un excellent confort pendant son séjour et rencontre bcp de monde. Puis défilé, rencontre Jon, coup de foudre absolu. Garde liaison secrète mais derrière son dos son père entreprend de conclure des fiançailles avec un autre garçon anglais. George découvre la liaison de Serena et elle lui fait promettre de ne rien dire mais mis au courant des plans du père du coup avoue. Crise et Serena se jure de partir, avertir Jon, rendez-vous. Mais la journée: prétexte d'un voyage au domaine, Serena fait la tête toute la journée et ne pense qu'au soir. Mais ne reviennent jamais à la maison après le domaine montent dans l'avion et quittent l'Australie, prétextent une urgence familiale. (24/25 ans)
De retour, dépression, boulimie, coeur brisé. Accepte els fiançailles à contre-coeur mais via l'intermédiaire de son oncle emploie un détective privé pour faire un scandale publique et interrompre les fiançailles. Depuis, silence radio. Distance avec sa famille, ne parle plus à son frère, s'est éloignée. Beaucoup de voyages en Europe: entreprend de travailler pour des galeries privées, dans la mode, pour une maison de vente aux enchères.. Travaille sans avoir l'air d'y toucher.
30 ans: apprend que sa mère est malade --> renoue avec ses parents et finit par leur pardonner. Mais toujours glaçiale avec son frère. Projets touchent à leur fin et sensation de n'avoir rien accompli. Reprend le domaine viticole Delaney et entreprend une formation en vin, rapidement qualités de management et mène bien le domaine alors que laissé de côté. Très chronophage, pendant 3 ans, beaucoup d'exportations aux USA et beaucoup de voyages. Là-bas rencontre un autre Anglais en Californie, Victor Bellamy. Pas le temps mais après liaison de 2 ans: rentre en Angleterre.
33 ans: fiançailles ? Accepte par dépit car "tache" dans le paysage social --> + 30 ans pas mariée pas d'enfants alors que reste inaccessible.
Prend peur --> conversation avec sa nièce qui cherche quelqu'un pour l'accompagner en voyage d'études (business) et suggère l'Australie pcq sait qu'il s'est passé qqchose entre George et Serena là-bas. Convainc sa tante qui lui explique l'histoire et Perry lui dit que c'est mnt ou jamais.
Du coup: prétexte officile Serena y va en voyage d'affaires pour les vignes, officieusement... retrouver Jon.
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MessageSujet: Re: IRENE + you accept the love you think you deserve   Mer 11 Mai 2016, 14:04




il était une fois...
... ainsi commencent toutes les histoires qui n'ont jamais eu lieu.
Brisbane, mai 2016

Irene s'engouffre dans la Mercedes garée sur le parking de l'aéroport. Il est très tôt, mais la chaleur est déjà présente. Sa nièce la suit, et toutes les deux prennent place confortablement à l'arrière du véhicule. Monsieur Ferguson a eu la délicatesse de leur envoyer son chauffeur personnel, ce qui rend le trajet autrement plus agréable. Pensive, Irene ne prête pas attention aux propos du chauffeur, fascinée par les paysages qu'ils traversent. Les souvenirs affluent par vagues, submergent son esprit, étreignent son coeur. Dix ans, dix ans, dix ans. Ses yeux redécouvrent les routes, les étendues sauvages, les quartiers urbains, le soleil d'un bleu éternel. Le visage appuyé contre la vitre, Irene cherche à qualifier cet instant. Apaisant. Malgré l'excitation, la fatigue, l'anxiété, l'incertitude vers lesquelles elle s'avance, à cet instant précis, elle se sent apaisée. Et elle sait que ça ne durera pas.

*

L'appartement de Monsieur Ferguson est très bien situé, au cœur de Brisbane. Un immeuble de style victorien, des pièces hautes de plafond, une décoration sobre mais chic: décidément, tous les anglais expatriés ont-ils les mêmes goûts? Irene sourit pour elle-même alors qu'il arrive pour aller l'accueillir, un grand sourire aux lèvres, bras ouverts. « Lady Irene! Quel bonheur ! Il l'étreint brièvement. Que je suis heureux de vous voir ! Tenez, entrez, passez donc au salon. Le voyage a dû être épuisant ! Combien d'heures de vol, déjà ? Vous auriez dû vous reposer, nous avions tout notre temps ! J'espère d'ailleurs que l'établissement sélectionné vous plaira... » Bon vieux Ferguson, toujours plus de mots que nécessaire. Irene sourit, une tendresse émue sur les lèvres.

« C'est parfait, Frank, merci beaucoup. Vous avez toujours eu un don pour vous occuper de tout à la perfection ! Pas étonnant que vous soyez l'homme de confiance de la famille ici. Je suis ravie de vous retrouver aussi. En tous cas merci de me recevoir, pour être honnête je voulais absolument régler quelques détails au sujet de l'agenda aujourd'hui, pour pouvoir arranger mon emploi du temps personnel en conséquence.
— Bien sûr, bien sûr: après tout c'est vous qui êtes en charge, on suivra ce que vous décidez. Je vous sers quelque chose ? Un verre d'eau ? Parfait. Oui, certains exploitants ont appelés, ils veulent déplacer le rendez-vous. Et donc, j'ai cru comprendre que vous êtes venue avec votre nièce, la fille de George ? Je crois l'avoir vue juste une fois... Comment va-t-il d'ailleurs, votre frère ?
— Cat ? Oui, absolument, elle m'accompagne. Effectivement, vous avez dû l'apercevoir lors de votre dernière visite à Londres, mais c'était il y a bien longtemps. Elle a vingt-quatre ans aujourd'hui, c'est une jeune femme absolument délicieuse. Elle étudie le commerce à Oxford, et pour son stage de fin d'études je lui ai proposé de venir m'assister ici. »

Enfin, si on veut. Irene n'était pas enchantée à l'idée de recevoir la gestion des terres d'Australie. Mais Cat, avec sa manie de se mêler de ce qui ne la regarde pas, avait émis l'idée que peut-être, elle pourrait partir avec sa tante... Un voyage de huit mois entre filles, pour "se former". Comment résister? Quant à George... « Georges va bien. Il travaille toujours dans la finance, maintenant il a repris la majorité des projets de père. Il est en charge du domaine, et n'a pas souhaité en plus s'occuper des vignes. Alors j'ai pris le relais. » (Non, ne parlons pas de George. Je préfère changer de sujet, si ça ne vous dérange pas. Nous ne nous parlons plus depuis dix ans précisément. Sa fille est une perle, sa femme est adorable, mais je ne peux plus le regarder dans les yeux.)

« Ah, très bien. Et vous, comment allez-vous ? J'ai appris vos fiançailles, félicitations ma chère Irene. Vous devez être comblée... Qui est l'heureux élu ? Elle lève les yeux au ciel, heureusement, il ne la voit pas. Elle sait qu'il est trop poli pour ajouter quoique ce soit - ce serait horriblement irrespectueux, mais dans l'air flottent quelques paroles: à votre âge, ce n'est pas trop tôt... Et c'est la deuxième fois, non ?
— Merci. Victor Bellamy. Un lord anglais expatrié aux Etats-Unis, je l'ai rencontré là bas. » Son visage impassible, elle en parle sans aucune trace de chaleur dans sa voix, et dans ses yeux, une lueur de résignation. Son futur époux est un homme charmant. C'est un journaliste réputé, passé par Eton et Cambridge, qui a reçu une éducation appropriée. Divorcé, cependant, mais est-ce important de nos jours ? Ils sont sortis ensemble quelques fois, se sont fréquentés un an avant qu'il ne fasse sa demande l'année dernière. Que pouvait-elle dire ? Avait-elle le choix ? Encore une fois, elle n'a su écouter que sa raison. Oh, il ne la rendra pas malheureuse. Il est drôle, charismatique, attentionné. Son humour est mauvais et il n'est pas particulièrement brillant ou créatif, mais c'est un bon parti, ce cela qui importe, non ? Ses parents seront ravis et enfin elle gagnera sa place dans la bonne société londonienne des femmes mariées. Mais elle ne l'aime pas. Elle ne l'aimera jamais. Ni heureuse, ni malheureuse. Encore une fois, elle fuit son choix.

« Ah mais, dans ce cas... si le mariage est annoncé l'année prochaine... pardon, Irene, mais ne devriez vous pas être à Londres en train de vous occuper des préparatifs plutôt qu'ici à rougir sous le soleil et à vous occuper de vieilles terres poussiéreuses ? »

Irene avait rencontré Frank Ferguson pour la première fois il y a quinze ans. Un vieil ami de son père installé en Australie: c'est lui qui avait suggéré à Lord Delaney d'acheter des vignobles ici et d'engager des exploitants pour exporter le vin produit. Que de la gestion indirecte, des gens de confiance, mais ça lui offrait une belle distraction pour ses vieux jours. Arthur Delaney avait accepté. Et si c'était un échec ? Tant pis, financièrement les Delaney étaient à l'abri pour des années encore... L'avantage de faire partie de l'une des vieilles familles d'Angleterre, sans doute. Quand Arthur avait voyagé à Brisbane pour la première fois, pour se rendre compte par lui-même des progrès des exploitations, il en avait été ravi. Le vin était bon, les employés compétents. George était du voyage, évidemment. Nul part sans son père celui-là... Quant à Irene, le voyage était plus pour tromper son ennui, s'acheter un an de liberté supplémentaire. L'intérêt pour le vin ne s'était développé que bien après, au cours d'un séjour en France. Depuis, elle avait complété une formation dans le milieu, pour pouvoir reprendre la gestion des vignes. Voyages, indépendance, soleil, gastronomie: pour une anglaise, que demander de plus ?

« Non. J'ai une mère, une belle-mère, trois belles-soeurs qui seront ravies de s'occuper des préparatifs, avec ou sans moi. J'ai mes responsabilités au sein du domaine familial, je les assume. Victor est un grand garçon, il peut survivre sans moi pendant quelques temps. Elle regrette presque son ton coupant, mais, comme à son habitude, elle n'a pas élevé la voix, du tout. Frank la regarde d'un air désolé, elle se sent un peu coupable. Elle reprend, plus douce. Je sais ce que je fais, Frank. Je ne suis plus une enfant. »

(J'ai passé l'âge de faire de la figuration dans ma propre vie alors que d'autres prennent des décisions pour moi. J'ai toujours attendu. J'ai toujours fait ce que l'on m'a dit même lorsque c'était contraire à mes désirs. J'ai trente ans passés maintenant, j'ai peut-être droit de faire mes choix sans être jugée ? Je ne suis plus en Angleterre, Frank, je n'ai plus de chaperons. Laissez-moi respirer.) Pas de panique, elle ne sort pas du moule pour longtemps. Sort-elle même jamais de ce moule ? C'est sa prison du quotidien. Lady Irene. Tiens-toi droite, souris, ne crie pas, ne bouge pas, contrôle-toi, sois parfaite, perpétue la tradition.

« Non, bien sûr. Et sinon... y a-t-il des connaissances que vous avez prévu de revoir ? » Irene regarde le vieil homme dans les yeux. Son visage est impassible, elle sait trop bien s'y prendre. Sait-il ? Bien sûr que oui. L'histoire ne s'est pas ébruitée en Angleterre, mais ici... Eh bien, ici, elle suppose qu'une partie des associés de son père en a entendu parler. « Non, Frank. Je vous remercie, mais non. Je ne sais pas ce à quoi vous pensez, mais je ne reviens que pour les affaires. (Officiellement)
— Je veux juste m'assurer que vous allez bien. Je ne vous ai pas revue depuis...
— Que voulez-vous, Frank? » (Je n'ai pas besoin de votre aide pour remuer les fantômes du passé.)
— Irene, je suis de votre côté. Je suis votre ami. La dernière fois que vous avez quitté ce territoire, j'avais l'impression que vous aviez perdu votre âme. Il rapproche son fauteuil du sien, elle évite son regard.
— C'était il y a dix ans. C'est une affirmation, elle se redresse un peu, prend l'air arrogant de ceux qui ne doutent de rien. Evidemment, Frank savait. Il devait être aux premières loges lorsque son père et George avaient décidé de son destin. Lorsqu'ils avaient décidé qu'elle rentrerait en Angleterre et que ses désirs personnels, ses espoirs, ses amours, ses rêves, n'avaient pas de place dans le destin qu'ils lui avaient tracé. C'était il n'y a pas si longtemps, pourtant.
— Ce n'est pas une question d'années.
— Et entre temps j'ai vécu. J'ai voyagé. J'ai appris. Vous savez, j'ai tourné la page. (Ou pas. J'ai une faille béante au fond du coeur que j'ai juste recouvert avec tout ce que j'ai trouvé pour ne pas qu'elle me déchire en deux. Pendant dix ans.) Question de courage ou de choix ? Elle dirait de choix. (Je n'ai pas eu le choix). D'autres diraient courage. (Ou peut-être ai-je fui?)
— Je suis désolé de la tournure que les choses ont pris. » La compassion de Frank la dérange. Elle n'aime pas renvoyer l'image d'un animal blessé ou d'une poupée en peine. Des années de formation pour devenir une parfaite poupée l'ont habituée à ne rien laisser paraître. Elle a vécu dans un monde qui n'a pas, ou très peu, évolué depuis le début du siècle, une minorité dont les codes et les règles vous collent à la peau et dont on ne peut jamais se défaire. Choix, ou courage ? Était-elle prête à renoncer à tout ? À son patrimoine familial, à l'amour et au respect de sa famille, au sentier doré qui se dessinait devant elle ? À ses amis, sa réputation ? Ce n'étaient pas que des artifices de surface, c'est dans son identité, dans son ADN, gravé sur ses os. C'était faire un saut dans l'inconnu sur une simple impulsion, un petit bond qui la changerait d'univers.  

« Oui. C'est dommage. » La tristesse dans les yeux de son père, ce fameux soir. Pas de colère, non. La colère, c'était pour marquer le moment. Une distraction, une gifle, pour attiser la colère, brûler les feux de la rébellion en elle, la mettre hors d'elle. Le véritable argument, c'était la déception, la peur dans sa voix le lendemain.

Elle lève les yeux vers Frank, son regard est un peu voilé. Rompant le charme et chassant les fantômes du passé, ils ont repris une conversation normale, ordinaire, sur la raison de sa venue et les affaires. Mais derrière ses hochements de tête, l'esprit d'Irene est reparti en arrière. Là où elle aurait dû rester.

*

Brisbane, été 2006

« Irene ? Irene chérie ouvre-moi. » Pas de réponse. Il frappe, encore. Laissez-la tranquille, souffle une voix dans le couloir. C'est un caprice, père. Ça lui passera. Je comprends qu'elle soit déçue, mais hon— » La porte de la chambre s'ouvre en un geste brusque, qui fait reculer Lord Delaney. Une silhouette frêle en sort, le visage rougi par les larmes et la fatigue. « Oh ta gueule, George. Papa, je n'ai rien à vous dire. Laissez-moi tranquille, et arrêtez de venir vous balader devant ma chambre.
— Irene, je t'en prie. J'ai des choses à te dire.
— Ah, vous n'avez pas tout dit hier ? Avant, et après la gifle ? "Il n'est pas un homme pour toi", "il ne t'aime pas", "c'est un arriviste", "un charlatan, un moins-que-rien, un raté", "aucun avenir"? "Irene je te l'interdis", "sur ma tombe", "moi vivant, jamais", "tu es une disgrâce", "si ta mère savait"? Les larmes brillent dans ses yeux. Lord Delaney baisse la tête. Sa fille est la seule personne sur Terre qui peut probablement le faire se sentir honteux.
— Je souhaitais m'excuser. Moue de dégoût. Elle ne veut pas d'excuses. Ce soir, elle ira retrouver Jonathan sur la plage et elle partira. Elle quittera tout, avec ou sans excuses.
— Les excuses de Père ? Si j'étais toi, j'accepterais. La voix traînante de George, insupportable. Irene sort de sa chambre, s'avance doucement vers son frère. Il est plus grand, plus fort, mais la rage dans les yeux de la jeune femme le font frémir. Elle pose un doigt accusateur sur sa poitrine.
— Tout ça, c'est ta faute. Je ne te pardonnerai jamais. Je fais ce que je veux, et j'attends surtout tes excuses à toi. Je ne les accepterai pas, mais ça t'évitera de passer pour le dernier des trous-du-cul. Irene vient de jurer deux fois en une minute. Ça n'est jamais arrivé. C'en est trop, Arthur met un terme à la dispute entre ses deux enfants, congédie George et entre dans sa chambre de sa fille. Ils ont à parler.

« Tu ne devrais pas en vouloir à ton frère.
— C'est un idiot. Parce-qu'il a bientôt quarante ans déjà il se prend pour vous, il pense qu'il peut me contrôler...
— Il a bien agi, tu sais, en m'en parlant. S'il ne m'avait pas dit pour toi et... l'autre, les conséquences auraient pu être catastrophiques. Bien. Je suis désolé de m'être emporté hier. Je n'aurai pas dû te gifler. C'était impardonnable.
— Je m'en fiche.
— Irene, je sais que tu es résolue. Que tu veux t'enfuir. Tu es grande, maintenant. J'estime que ta mère et moi t'avons élevé dans le meilleur des mondes. Nous t'avons tout donné, et tu es une brillante jeune femme - et je ne te flatte pas. Tu es ma fille, ma fille unique. Tu es intelligente, belle, tu as beaucoup de talent et beaucoup de force. Je sais que c'est difficile à accepter pour toi, cette situation, mais nous ne sommes pas de ce monde. La vie que certains ont, tu ne pourras jamais l'avoir. C'est ta malédiction de naissance, de ne pas pouvoir être totalement libre. Mais tu as beaucoup de chance, plus que d'autres. Jamie Keynes, est un garçon charmant, tu l'aimes beaucoup, votre union est une chance. Il saura reconnaître tes qualités, te mettre en avant. Il n'y aura pas de compétition entre vous car vous serez du même milieu social... Il ne t'en voudra jamais d'être plus riche ou de te montrer plus intelligente. Il ne t'en voudra pas d'avoir un standard de vie élevée. Il n'aura pas à te demander de faire des sacrifices au quotidien. Tu ne manqueras jamais de rien. Nous serons toujours derrière toi, quoique tu fasses. Évidemment, tu hériteras du domaine Delaney et tu créeras plus encore.
— ... ça m'est égal. Les larmes lui montent encore aux yeux mais elle fait son possible pour rester stoïque. Papa, vous savez mieux que personne que j'adore Jamie. Ce serait un honneur de l'épouser... mais je ne peux pas. Et je ne veux pas. »

Et c'était vrai. Jamie Keynes était son meilleur ami. Celui qu'elle considérait réellement comme son frère. George et elle avait trop d'écart d'âge et trop peu de choses en commun pour qu'elle se soit sentie vraiment proche de lui un jour. Alors que Jamie... Ils avaient pratiquement été élevés ensemble, fréquenté les mêmes cercles, attendu ensemble devant le Parlement que leurs pères ou grand-pères sortent de la Chambre des Lords. Elle était sa princesse il était son prince, courant ensemble dans les immenses parcs des domaines respectifs. C'était la personne en qui elle avait le plus confiance, celui qui pouvait voir derrière le masque de Lady parfaite. L'épouser, c'était ridicule. Bien sûr qu'elle aimait Jamie, mais ça n'avait pas de sens. Et puis, non... Non, ce n'était pas honnête. Elle avait le coeur brisé, il méritait plus que tout d'être heureux.

« Je ne sais pas ce qu'il t'a promis, mais il ne t'arrivera jamais à la cheville, Irene. Il ne peut pas t'aimer. Il ne voie qu'en toi une formidable source de rayonnement et de richesse, une lumière dans l'obscurité. Et lorsqu'il n'aura plus besoin de toi pour l'éclairer, lorsque tes principes ne s'accorderont plus aux siens et lorsque ton mode de vie, tes convictions, tes idées se heurteront aux siennes, il te laissera. Sans rien. Tu es jeune, tu n'as aucune expérience de la vie... mais je suis prêt à t'accorder le bénéfice du doute.
— Je l'aime.
— Je n'en doute pas. Si c'est vraiment ce que tu veux, pars avec lui, ce soir. Va le retrouver. Oui, oui, je sais pour votre rendez-vous, tu es une bien piètre menteuse. Mais si tu le rejoins... ce ne sera plus la peine de revenir vers nous, lorsque ton conte de fée se sera écroulé.
— P-pardon?
— Tu avais raison hier, je ne peux pas décider pour toi. Il y a quelques années, ç'aurait été différent mais à notre époque... Je me fais vieux, mais je vois bien que l'air du temps a changé. Alors, je te laisse libre de tes choix, je ne peux pas t'obliger à rentrer à Londres. Mais si tu nous tournes le dos, Irene... Ce sera définitif. Je ne peux pas vivre avec la douleur de la trahison de ma propre fille. Je tiens trop à toi pour te savoir vivre de manière précaire, dans un autre monde pour lequel tu n'es pas adaptée.
— Je ne comprends pas.
— Tu te gâches si tu veux. C'est ta vie. Mais je n'emporterai pas ta disgrâce avec moi. Je te demande de choisir. Soit tu rentres en Angleterre ce soir - j'ai réservé des billets, George t'accompagnera - et nous recommencerons comme avant en oubliant que cet épisode fâcheux ait jamais eu lieu. Nous n'en parlerons à personne, tu épouseras le jeune Lord Keynes d'ici un an ou deux et je veillerai personnellement à ce que tous les projets que tu entreprennes plus tard soient couronnés de succès. Soit tu restes ici, avec ce Jonathan, mais sans rien. Je demanderai à ce que ton titre te soit retiré. Tu n'auras droit à rien. Pas à nos terres, pas à notre patrimoine, à rien. Ce sera toi et lui, libres, comme tu le souhaites. Et personne ne reviendra pour toi. La douleur qui se lit sur le visage de la jeune femme est indescriptible. C'est pour ton bien, Irene. Tu es libre de ton choix. Une vie de rêve avec nous, une vie de désillusions avec lui. Un taxi viendra te chercher à 18h précises, le vol est à 20h. Si tu es prête... eh bien, tu sais quoi faire. Sinon, je te prierai quand même de quitter la maison dans la soirée pour retrouver ton amant. »

Elle s'est recroquevillée sur elle-même, comme une fleur fragile. Le rythme des sanglots incessants secoue ses maigres épaules.

Le vol du retour fut la pire journée de sa vie.

Lord Delaney jeta dans l'eau la lettre qu'Irene avait souhaité transmettre à Jonathan, avant de partir. Un homme qui détournait une princesse comme la sienne de son destin, de sa famille et de sa classe n'en valait pas la peine. Cependant, il fut déçu lorsque Irene et Jamie ne se marièrent pas, mais il ne pouvait pas vraiment leur en vouloir. En tous cas, il n'avait pas perdu sa fille.

*

Brisbane, mai 2016

« Ce fut un plaisir de vous accueillir, Irene. Merci d'être passée.
— De même Frank, j'ai été ravie. Mais je repasserai dans la semaine, si cela vous convient ? Je souhaiterais vous présenter à Cat. Elle va vous adorer. » Elle sourit, embrasse son vieil ami sur la joue et tourne les talons.

Revenue à l'hôtel, Irene retrouve Cat au bar. « Alors, ça s'est passé comment ? Tiens, je t'ai pris une margarita. Un peu tôt mais bon... C'est les vacances. »
— Eh bien... je crois que tu avais raison. Elle se tourne vers sa nièce, une expression indéchiffrable sur le visage. Dans son sac, serré entre deux pages de son agenda, un petit papier, avec un nom et un numéro de téléphone: la promesse d'un visage familier et amical qu'elle n'a pas revu depuis bien longtemps... Une belle surprise pour Jamie, elle l'espère. J'ai bien fait de revenir. »




Dernière édition par Laverne MacTire le Mer 18 Mai 2016, 12:05, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: IRENE + you accept the love you think you deserve   Mer 11 Mai 2016, 19:19




"Cat" Delaney
petite citation qui représente ton perso'
PIÈCE D’IDENTITÉ
NOM ≈ Delaney PRÉNOM(S) ≈ "Cat" ÂGE ≈ 24 ans LIEU DE NAISSANCE ≈ au choix STATUT SOCIAL ≈ au choix MÉTIER ≈ Étudiante en Commerce ORIENTATION SEXUELLE ≈ au choix GROUPE ≈ voir ici AVATAR CHOISI ≈ Bonnie Wright

les points clés de son histoire

• Globalement l'histoire de Cat est libre, je vous donne juste quelques indications ! Je vous conseille aussi de lire ma fiche, où vous en apprendrez plus sur les Delaney en général, ça pourra peut-être vous aider !

✢ Cat est la fille de Lord George Delaney (né en 1967) et elle est l'héritière d'une des plus grandes et vieilles fortunes de l'Angleterre. Issue de la haute aristocratie britannique, elle n'a toujours vécu que dans le luxe. Malgré des attitudes moins conservatrices que ses parents et un état d'esprit beaucoup plus moderne et émancipé, elle est très attachée à sa famille.

✢ Elle a vécu la majeure partie de sa vie à Londres et étudie actuellement à Oxford (commerce). Elle accompagne sa tante Irene en Australie, officiellement dans le cadre d'un voyage de fin d'études. D'ailleurs, ses études, c'est quelque chose qu'elle a vraiment choisi: elle est excellente en négoce et en vente. Si elle n'est pas particulièrement bosseuse elle sait se montrer maligne et est douée pour s'exprimer.  

✢ Cat est une jeune femme très moderne, accro à son téléphone et omniprésente sur les réseaux sociaux. Elle est d'une nature assez nonchalante mais n'a pas l'habitude qu'on lui dise non et elle peut se montrer assez peste quand elle n'obtient pas ce qu'elle veut. Très curieuse, elle a un don pour se mêler de ce qui ne la regarde pas. Elle est aussi emphatique, spontanée, romantique et finalement assez insouciante.

✢ Cat est très très proche de sa tante Irene: elles n'ont que dix ans d'écart, et elles sont comme des soeurs. Elles s'adorent. Cat est la seule à avoir perçue l'étendue de la détresse d'Irene lorsqu'elle est revenue d'Australie alors que tout le monde faisait semblant d'ignorer sa dépression. Ça l'a révoltée, et elle l'a beaucoup aidé à remonter la pente. Aujourd'hui, elle veut absolument confronter Irene et Jonathan pour que sa tante fasse la paix avec elle-même.  


IRENE DELANEY • michelle dockery

Avec seulement dix ans d'écart, les deux filles ont toujours été inséparables, Irene considérant Cat comme sa meilleure amie, sa soeur, sa fille. Lorsque Irene est revenue d'Australie, Cat a été la première à se rendre compte de la gravité de la dépression de sa tante. Irene n'a jamais rien voulu lui dire, mais il n'a pas fallu longtemps à Cat, tout juste âgée de 15 ans, pour découvrir que son père et son grand-père avaient quelque chose à voir avec tout ça. C'est donc Cat qui a pris sur elle pour aider Irene à combattre sa dépression et sa boulimie. En réussissant à combattre sa maladie, Irene s'est montrée encore plus protectrice envers elle.

Maintenant que le mariage d'Irene est annoncé, Cat a lu en sa tante le même désespoir qu'il y a dix ans. L'ayant plus ou moins forcée à lui raconter son histoire, elle a été horrifiée par les faits et s'est mise en tête de réparer le problème. Irene vient d'être nommée directrice commerciale des vignobles de la famille en Australie, et Cat a insisté pour accompagner sa tante pour un "stage de fin d'études". En vérité, elle veut absolument qu'Irene retrouve Jonathan, au moins pour... pourquoi ? Bon, elle ne sait pas trop, mais elle n'aime pas les histoires inachevées, alors elle va tout mettre en oeuvre pour offrir à sa tante un happy ending.




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MessageSujet: Re: IRENE + you accept the love you think you deserve   Mer 18 Mai 2016, 16:54

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MessageSujet: Re: IRENE + you accept the love you think you deserve   Mer 18 Mai 2016, 18:42

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MessageSujet: Re: IRENE + you accept the love you think you deserve   

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