.
 
AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 HÉCATE ▲ amor vincit omnia

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
Nola Davis-Potter

desert rose ❀


Messages : 813
Date d'inscription : 24/11/2010
Localisation : © crick

MessageSujet: HÉCATE ▲ amor vincit omnia   Lun 15 Mai - 1:20

Hecate Gaia Nott
amor vincit omnia
▲ Nom : un seul nom qui résonne en elle, quatre lettres pour quatre survivants : nott. Elle en est fière, de ce nom, de tout ce qu'il représente - porté par ses parents avant elle, ces gens merveilleux dont l'absence est une douleur qui ne se tait pas. Sali, trahi, enfoui sous les cendres, elle en est sure : il resurgira, pareil au phénix, et ses héritiers déchirés pourront alors vivre sans crainte. Nott, elle l'a toujours porté, toujours aimé, et elle le portera encore, quand les cieux seront redevenus bleus.
▲ Prénom :  on l'appelle hecate, d'abord. Choisi par sa mère en hommage à la déesse de la lune, magicienne puissante qui relie les enfers, la terre et le ciel, c'est une référence dont elle ne peut que s'enorgueillir. Dans la mythologie, Hecate est aussi la fille d'Asteria... qui est là une soeur, son coeur. Et puis vient Gaia, déesse-mère, personnification de la terre et de la nature - harmonieuse ou chaotique. Elle chérit ses prénoms, ne vous aventurez pas à mal les prononcer.
▲ Date et lieu de naissance : le soir du 7 février 1927, au manoir familial quelque part en Irlande ce qui lui donne le tendre âge de vingt-cinq ans.
▲Nature du sang : bêtement mêlé et ça ne l'a jamais dérangée. Certains ne se remettent pas du fait que les Nott aient perdu leur soi-disante pureté, mais c'était il y a si longtemps... le statut du sang n'a jamais eu d'importance pour elle. Hecate pense que tous ceux qui soutiennent le contraire sont des idiots. En conséquent, elle pense que beaucoup de gens sont des idiots.
▲Profession : elle a dû abandonner la passion de sa vie, sa formation de médicomage pour rejoindre le rang de la Lux, dans l'équipe administrative. En parallèle, elle continue d'apprendre la médecine magique en autodidacte, grâce aux livres, et en soignant ceux qui reviennent blessés - aider les autres est son salut. Elle a toujours été douée pour ça, Hecate : apaiser les douleurs, guérir les âmes et les corps - pour autant, la délicatesse et le travail de ses doigts de fée restent incapables de soulager le fardeau qu'elle et sa soeur portent.
▲Statut matrimonial : célibataire, elle n'a jamais vraiment eu personne de très sérieux. Pas le temps, plus le temps d'y penser surtout, mais elle aimerait trouver des bras aimants. L'époque tourmentée ne le lui permet guère et elle espère avoir le soutien de sa soeur le jour où elle voudra, ou devra, se marier.  
▲Ancienne maison : dans la continuité de la rupture de la tradition séculaire qui envoie les Nott chez les Serdaigle, après sa soeur chez les rouge et or, la plus jeune a eu l'honneur de s'asseoir sur les bancs de Poufsouffle... et à vrai dire si vous posez la question c'est que vous êtes mal renseignés. Hécate le revendique : elle la force tranquille, la travailleuse à l'amour immodéré pour la connaissance et la justice. Loyale, sincère, digne de confiance et tolérante, elle porte haut les couleurs et les valeurs de sa Maison même des années après avoir quitté Poudlard. Elle y a, après tout, passé les plus belles années de sa vie.
▲Patronus : minuscule point argenté, c'est une coccinelle qu'invoque le sortilège de la jeune femme.
▲Baguette Magique : la baguette qui a choisi Hecate est fabriquée à partir de bois de sorbier, et en son coeur, un crin de licorne. Longue de vingt-quatre centimètres sept, plutôt fine, plutôt souple, c'est une baguette fidèle, légère, qui convient parfaitement au caractère de la jeune femme.
▲Particularité : aucune, ordinaire petite sorcière, si ce n'est le fait d'être orpheline depuis six ans. Une intuition très développée peut-être, pas infaillible, mais souvent de bon conseil.
▲Amortentia : peu utilisé, ce philtre a marqué Hecate - il y avait l'odeur d'un champ de lavandes un matin d'été, et la brise des falaises d'Irlande.
▲Epouvantard : forme étrange et sinistre, quelque part pire qu'un cadavre, c'est l'armoire dans laquelle elle se sont cachées, Asteria et elle, l'armoire qui pourtant les a sauvées... mais quand elle se matérialise devant elle, c'est pour provoquer une terreur sans nom, qui lui fait revivre, plus tragiquement que n'importe quel autre objet, l'assassinat de ses parents

Je jure solennellement de faire usage du sortilège
Protego
pour servir ma cause

« Parlez-nous un peu de vous. Si vous deviez vous décrire en quelques mots que diriez-vous ? »
Si elle devait parler d'elle, le visage d'Hecate prendrait un air concentré, ses sourcils bruns froncés, ses yeux si bleus plissés. Elle n'aime pas vraiment parler d'elle, justement. Une situation comme la sienne a tendance à produire ce genre d'effet, et d'effacer toute la vanité qu'une belle sorcière de vingt-cinq ans pourrait avoir. Alors, Hecate est par nécessité discrète. Des années durant elle fut ce visage enfantin à la bonne humeur communicative, à l'exubérance charmante et à l'enthousiasme naturel. Son sourire comme carte de visite, arme et bouclier, ce sourire qu'elle offre en premier. Difficile de ne pas l'apprécier, cette jeune fille au regard malicieux et curieux, depuis assombri par les épreuves. Pour autant elle n'a pas perdu sa douceur, sa spontanéité, sa gentillesse, qui ont fait d'elle une élève très populaire pendant ses années à Poudlard. Entre maladresse touchante et vivacité d'esprit remarquable, on loue ses qualités sans qu'elle n'en prenne orgueil, et, naturellement, on lui connaît peu d'ennemis. Contrairement à sa soeur, Hecate n'a pas la fibre d'une stratège ni d'une combattante. Excellente en sortilèges défensifs, piètre lanceuse de sorts offensifs, elle est de ceux qui aident, qui soignent et qui rassurent. Sa volonté de devenir médicomage ne fait qu'aller dans ce sens, excellente soignante et travailleuse acharnée, cette vocation n'étonne personne.

On pourrait la penser fragile et naïve, ce serait une erreur. Prudente, elle sait manier les mots quand elle se sent attaquée, feindre l'indifférence pour mieux esquiver. Surtout loyale jusqu'à l'aveuglement, elle irait loin pour protéger ceux qu'elle aime. Fier esprit libre, elle revendique son indépendance et l'héritage intellectuel des Nott. Les flammes et les sorts ont laissé cendres et morts, et dans la douleur Hecate a appris le prix de la liberté. Désormais, elle est prête à le payer à son tour pour la défendre. Animée d'une haine farouche des sbires de Grindelwald, elle a embrassé une nouvelle cause avec une nouvelle fougue - celle de la juste vengeance.

« Vous voila devant le miroir du Riséd, que pensez-vous y voir ? »
Ce dont elle rêve trop souvent, sa famille au complet, unie, heureuse, souriante. Des enfants à ses pieds, un prix de médicomagie, le drapeau de l'Angleterre hissé haut derrière. Sur son visage à elle, dans le reflet de ses yeux bleus, une sérénité longtemps disparue et une fierté méritée ; un sourire vrai et puissant auquel répondraient Scarlett, Nestor, Robert, Agatha, Astrid, Lubin, Odilon, Hermine ; Merlin et Isidore heureux et côte à côte, sans rancoeur et sans déchirure, et enfin, enfin, Asteria rayonnante, un air complice et insouciant.

Tout simplement, la victoire, la paix, sa famille réunie, la justice rétablie.

Elle aimerait ne jamais tomber sur le Miroir, de peur de ne plus jamais pouvoir en détacher les yeux et de se perdre dans les méandres de cette réalité alternative, de ce monde parallèle inatteignable.

« Par chance, vous vous trouvez en présence des trois reliques de la mort, mais vous ne pouvez en choisir qu’une. Laquelle prendriez-vous ? »
À n'en choisir qu'une, elle saisirait peut-être la Pierre, d'instinct, raisons évidentes. Mais pour revivre un souvenir ? Ses souvenirs sont sans sa tête et les paroles dans son coeur, et elle ne ferait peut être que se noyer dans ses larmes, incapable de contenir le torrent de désespoir né de la plaie ouverte du deuil, si elle devait revoir tous les êtres chers qui lui ont été enlevés.

Alors non, raisonnable, elle prendrait plutôt, et très délicatement, le tissu soyeux de la Cape. Une fois revêtu, la voilà dissimulée aux yeux du monde. Hecate, enfin, s'offrirait du répit. Cachée aux yeux du monde entier, elle pourrait se faufiler partout, braver les interdits, retrouver les plaisirs simples qu'on lui a volé. Ou peut être s'emparer du chocolat dans les cuisines de Grindelwald et peindre le quartier général des Mangemorts en rose. Elle pourrait se promener dans avoir peur, pour vivre heureux restons cachés, peut être n'en sortirait-elle jamais.
« Grindelwald domine l'Angleterre et la Bulgarie depuis 6 ans en quoi cela-t-il influé sur votre quotidien ? »
Excellente question, à poser à celle dont la famille s'est évanouie dans la nuit noire à cause de lui. Chaque jour elle se réveille sans parents, chaque nuit elle s'endort sans cousin, et chaque dix neuf janvier, elle reste prostrée dans son lit ou agenouillée devant de trop nombreuses tombes grises, sur lesquelles elle dépose des fleurs. Hecate ne s'était jamais intéressée à la politique ou aux histoires de gouvernance, puisque son monde était aussi simple que le jardin d'Eden. En une nuit, on lui a tout enlevé.

La peur, déjà, omniprésente, a affuté ses réflexes. Elle dort mal la nuit, mais déjà, elle dort, ce qui est un progrès. La peur d'être découverte, reconnue, remémorée. La peur de perdre la seule qui lui reste, finalement. La tristesse, ensuite, qui la suit comme un fantôme, et qui en retour ne lui a offert que la faculté de voir les Sombrals. La tristesse qui est parfois une larme qui coule sans savoir pourquoi, un sourire fané, un regard au loin. La colère, aussi, ou plutôt la rage contre l'injustice si terrible et c'est bien le pire pour elle, le châtiment injuste, la mort cruelle, l'anéantissement définitif, injuste, tout cela, injuste sa vie. La culpabilité, enfin. Hecate qui n'a pas une once de méchanceté en elle, Hecate qui a toujours été entourée d'amis et de famille, elle n'a pas pu empêcher cette injustice, inapte à protéger, impuissante à sauver. Un fardeau à porter et un devoir à accomplir mais qu'elle abhorre de régler dans le sang. Un sentiment étouffant, parfois, un cauchemar qui la réveille et encore pire, la torture de ne pas savoir libérer Asteria de ses démons et de son impérieuse quête de combats.  

Grindelwald a tué leur vie, a changé Hecate a jamais. Exception ultime de son coeur resté pur : lui, et ses sbires, ses assassins, ses fanatiques, elle ne détournerait pas les yeux s'ils devaient souffrir, elle ne baisserait pas sa baguette s'ils devaient périr.

« Étiez-vous présent lors des événements de Loutry St Chaspoule ? Si oui, quelle a été votre réaction ? Si non, que pensez-vous de cet attentat ? »
Hecate, grande absente de cette absurdité meurtrière, complot indubitablement célébré par les fourbes et les traîtres. Elle aurait dû y être pourtant, avec sa soeur, avec leurs amis, avec leurs alliés. Épuisée, le nez dans ses livres de médicomagie, tout simplement peu enthousiaste à l'idée d'aller fêter Halloween - un mal de ventre assez inopportun, en fait, elle est restée chez elle, le sommeil s'emparant de son petit corps. Réveillée plus tard en sursaut, une alerte dans sa tête. En apprenant le drame, tout se fige et tout s'effondre et un seul nom à sa bouche, Asteria, Asteria ? Vivante. Le monde reprend ses couleurs, la terre se remet à tourner et ses poumons se remplissent à nouveau d'air.

Hecate, appelée en urgence, a passé le reste de la nuit au QG des Lux à réconforter et soigner les blessés et les traumatisés, une colère sourde battant en elle, au rythme de son coeur encore affolé/ Elle ne s'y trompe pas, le Bulgare est derrière cela, et elle pense qu'un jour il payera ses crimes cher. Très cher.  

▲ pseudo ou prénom :  manon, mais sur le net c'est mou  :cute:
▲ âge :  22 ans
▲pays :  france
▲ Connexion  :  jusqu'à septembre, très régulière pour sur !
▲ scénario ou inventé :  scénario d'Asteria
▲ avatar :  katherine langford
▲ Où avez-vous connu le forum ? :  sur PRD je crois  :keur:
▲ quelque chose à rajouter :  pas encore   :hé:
▲ crédits : oreste (avatar), eternal roleplay (gifs)


Dernière édition par Nola Davis-Potter le Lun 4 Sep - 23:17, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://paper-town.forumsactifs.net
avatar
Nola Davis-Potter

desert rose ❀


Messages : 813
Date d'inscription : 24/11/2010
Localisation : © crick

MessageSujet: Re: HÉCATE ▲ amor vincit omnia   Dim 18 Juin - 15:27

Mudbloods and murmurs

le crime de rêver je consens qu'on l'instaure
si je rêve c'est bien de ce qu'on m'interdit
je plaiderai coupable, il me plaît d'avoir tort
aux yeux de la raison le rêve est un bandit


22 Juin 1952 ▲  « Gellert Grindelwald est quoi ???? » Elle se laisse tomber sur ses oreillers, encore endormie. Oh, et puis merde hein. Adieu la tranquillité qu'elle espérait quelques mois auparavant, maintenant, c'est la guerre, ouvertement - pas besoin de lire les journaux, elle peut le sentir. Son intuition ne la trompe jamais.

Et donc, pour la peine, elle se retourne, remonte la couverture sur elle et se rendort.

Rien n'est éternel, tout se délite, bla bla bla, en plus elle a encore mis le feu à une cape qu'elle était en train de recoudre hier, sans faire exprès évidemment... non, rien ne va plus cette semaine. Alors quelques heures de sommeil en plus ne bouleverseront certainement pas l'équilibre du monde.  



03 Avril 1952 ▲ La nuit est tombée depuis quelques heures maintenant, enveloppant les rues magiques de Londres d'un épais manteau bleu. Avril déjà ? Le printemps ici n'augure pas de meilleurs jours que du côté moldu, à peine le soleil parvient-il à réchauffer les pierres du Chemin de Traverse. D'épais nuages cachent la lune dont on ne devine rien de la lumière blafarde, et aucune étoile n'a jugé bon de se montrer. « Lumos », peut-on entendre chuchoter soudain. La silhouette qui surgit du porche est discrète, presque invisible sous cette cape aux nuances d'encre qui se fond avec le décor. Le tissu agile vole, au rythme des pas qui se veulent silencieux, guidés seulement par la lueur timide qu'on aperçoit à peine et dont le faible halo laisse deviner l'esquisse d'un visage féminin, sous la très ample capuche. On n'entend pas son souffle court, mais pourtant elle s'efforce de ne pas respirer - tout pour ne pas attirer l'attention. Elle rase les murs, détourne la tête lorsqu'elle passe devant un groupe de sorciers ; bifurque dans une allée si quelqu'un s'approche d'elle. Clandestine, fugitive, criminelle ?

Non, apprentie médicomage, répondrait-elle. De sa main gauche, l'autre mouvant la baguette, Hecate tient contre sa poitrine un lourd livre au titre gravé en lettres d'or, chatoyantes : "Médicomagie avancée : sorts et potions". La couverture en cuir glisse contre sa robe - la verte, celle qu'elle a cousu elle-même, et elle doit s'arrêter pour raffermir sa prise. Du bout des doigts, elle sent les pages, les trop nombreuses pages, et un sourire étire ses lèvres. Ce n'est peut-être pas très prudent de quitter son foyer à la nuit tombée, de traverser la moitié des rues désormais dangereuses du coeur de Londres pour acheter à un revendeur un traité de médicomagie... mais ça en vaut la peine. À vrai dire, Hecate craint moins les rôdeurs que la colère de sa soeur si jamais elle apprenait ses escapades nocturnes.

Cela fait deux ans, maintenant, qu'Hecate a choisi de sortir de sa prison et de se remettre à étudier - dans la plus grande discrétion, évidemment. Contrairement à ce qu'elle avait pensé, recontacter Yasen avait été une tâche aisée - il lui avait suffi de se présenter devant Sainte-Mangouste, après son service, le visage encore dissimulé par la capuche de sa cape, pour lui demander une faveur. « J'ai besoin que tu continues à m'apprendre, avait-elle dit. Ce que tu sais, ce que j'ai besoin de connaître. » Comme ça, pensa-t-elle, quand la paix reviendra, je pourrai terminer ma formation et passer mes examens haut la main. Convaincre le Bulgare ne présenta aucune difficulté. Elle n'avait pas expliqué grand chose, mais peu à peu, au travers de leurs discussions, s'inventait une autre vie. La vie cachée, fantasmée d'Hecate Nott. Pour Yasen, elle n'appartenait pas aux Lux, non. La sorcière n'avait pas non plus mentionné sa détestation farouche des bulgares - à la quelle, bizarrement, il échappait. Peut-être parce-qu'elle n'avait jamais pensé à lui comme ça ? Selon cette version, vivait plutôt de choses et autres, restant généralement vague sur ses occupations. Montrant peu de curiosité, il avait accepté sans suspicion ces cours spéciaux, particuliers, et son refus de retourner officiellement à Sainte-Mangouste.

Maintenant, elle se procurait livres, potions, objets magiques et plantes pour pratiquer chez elle les sorts et expériences dont ils parlaient ensemble. Se replonger dans ces savoirs après quatre ans de désertion lui faisait un bien fou - et c'était mieux qu'apprendre en autodidacte. Elle avait également appris, en posant les bonnes questions aux bonnes personnes, qu'il existait de nombreux revendeurs de produits dans Londres, notamment entre le Chemin de Traverse et l'Allée des Embrumes. Des petites boutiques, herboristeries, où elle pouvait se procurer sans crainte les ingrédients recherchés.

Hecate rentra chez elle sans encombres, sans réveiller Asteria, et se glissa dans son lit, exultant d'avoir réussi sa petite mission secrète, une vague de confiance la submergeant. Peut-être, a-t-elle le temps de penser avant de s'endormir, épuisée par l'adrénaline, peut-être que cette année, les choses se passeront bien.



19 Janvier 1949 ▲ Elle est immobile, à genoux devant les tombes. La pluie fine et froide d'Irlande glisse sur sa peau et s'accroche à ses cheveux sans qu'elle n'y prête la moindre attention - ni aux gouttes sur ses vêtements, ni aux larmes sur ses joues. Trois ans. Les inscriptions gravées sur la pierre lui renvoient des souvenirs heureux, mais elle craint que le temps ne s'en empare et de son souffle léger, les disperse. Oh, il lui reste les photos, les souvenirs, et sa soeur, gardien de leur famille, mais pour combien de temps ? Et si un jour, en se levant, elle demeurait incapable de se remémorer les traits de ses parents ? Le son de leur voix a déjà disparu de sa mémoire.

Doucement, elle s'allonge sur la mousse et les fleurs qui recouvrent la pierre en prenant garde à ne rien écraser. Ses longues boucles brunes se perdent, s'emmêlent autour de sa tête et elle frissonne malgré son long manteau. Ferme les yeux. Elle ne pourra pas dire combien de temps elle est restée là, jusqu'à ce que le froid la fasse trembler de froid et qu'elle se décide à rentrer. Un voyage par an au Manoir en Irlande, un seul, pour se souvenir.

Les Nott n'ont plus rien à y faire, là-bas. Il n'y a plus personne pour les accueillir, ce sont des orphelins. La vie d'Hecate est à Londres, désormais, avec Asteria. Elle n'a pas revu Merlin depuis longtemps, et ne le désire pas spécialement. On lui a confirmé qu'Isidore était sortie de son internement, et qu'elle rejoignait la Lux, mais Hecate n'a pas encore eu l'occasion de la voir. Que leur dire, de toute façon ? Ils sont tous étrangers maintenant, ils se sont aliénés.

Lorsqu'elle revient à Londres, c'est encore avec l'idée de redoubler d'efforts au sein de la faction. Être dans l'équipe administrative lui convient bien. La jeune sorcière ne souhaite pas être mise en avant. Hecate n'a pas l'âme d'une combattante, elle est piètre stratège, trop maladroite pour être informatrice ou recruteuse... mais trop impliquée pour ne leur donner qu'une simple allégeance. Alors, elle trie, elle véhicule les messages - elle soigne aussi, et offre une oreille attentive à ceux qui en ont besoin. Parfois, elle propose, mais surtout, elle apporte un sourire et son énergie douce. Elle s'assure que l'ordre règne, et fait un effort pour connaître chaque membre. Loin d'avoir toutes les solutions, elle apprend, sous le regard d'Asteria, et évolue au sein de ceux qui sont devenus sa deuxième famille.    

Il pleut encore à Londres, et elle repense à ces tombes, en Irlande, alors que devant elle, un drapeau à l'effigie de l'Angleterre Bulgare se déploie du haut d'un immeuble.

Oui, sans aucune doute, Lux est son héritage.



2 Septembre 1944 ▲ C'est le bruit fracassant des deux lourdes portes en bois qui claquent qui fait taire les murmures surexcités des jeunes apprentis. La directrice de Ste Mangouste fait son entrée, et les toise, eux, ces sorciers fraîchement diplômés de Poudlard, depuis juin, et qui s'apprêtent à suivre leur vocation. Ils ont obtenus leurs ASPICS avec de hautes notes, et sont prêts à tout pour devenir les maîtres de la médecine magique.

Pour Hecate Nott, c'est le paradis. Après des ASPICS en potions, botanique, astronomie, métamorphose et sortilèges, elle a passé son été à lire d'épais manuels dès qu'elle a su qu'elle serait reçue à Ste Mangouste en septembre. Sa vocation, sa passion. Et maintenant elle écoute le discours de bienvenue avec les larmes aux yeux et le coeur qui bat fort, emportée par son excitation et sa joie débordante d'appartenir à une vie différente. Oh, elle a aimé Poudlard, avec une énergie pure et sans failles. Poufsouffle a été sa seconde maison, et de nombreux camarades sont parmi elles aujourd'hui.

La directrice évoque un instant la question des spécialités, et Hecate fronce les sourcils. Elle n'y a pas encore réfléchi, elle veut tout faire. Mais vite le doute s'estompe pendant qu'une armée de soignants leur fait visiter le bâtiment et leur explique le déroulement des cours. Si tout va bien, dans sept ans, elle sera médicomage en exercice, ici même. Elle pense à la fierté de ses parents, de la joie d'Asteria lorsqu'elle recevra officiellement son habilitation à exercer. Tout va dans le meilleur des mondes, et tout sera encore mieux ! Elle soupire lorsqu'elle voit une une de journal sur la table d'un patient devant lequel ils passent : « La Guerre fait rage chez les Moldus ». Toujours... vont-ils jamais en sortir, de leur foutue guerre ? Hecate n'a rien contre les moldus, mais elle ne s'y intéresse pas vraiment. Elle a des amis nés-moldus, ce qui est très bien, mais ce monde là ne l'attire pas. Sans magie, quel intérêt ? Et puis ce fou venu d'un pays pour asservir les autres, c'est ridicule. Imaginez, on asservirait la Grande Bretagne ! Elle pouffe à cette idée, la guerre, c'est bien un truc de moldu. Ça fait longtemps qu'ils n'en ont pas eu, des guerres. Est-ce un signe de supériorité ? Il y en a qui disent ça, qui disent que les sorciers valent mieux que les moldus ou nés-mordus parce-qu'ils ont la guerre et la folie dans le sang, et pas les peuples de magie. Hecate ne sait pas trop si elle doit y croire, tout ce qu'elle sait c'est qu'elle n'aime pas qu'on se moque d'elle parce-qu'elle est de sang mêlé. Non, tout compte fait, c'est idiot. Il y a des fous partout, ici comme ailleurs... elle a une brève pensée pour Tom Jedusor, ce Serpentard qui lui faisait peur quand elle le croisait dans les couloirs du Château. Et puis, elle hausse les épaules.

Ils sont en sécurité, ici, rien ne peut leur arriver.



11 Août 1940 ▲ Hermine saute sur ses genoux, joue avec ses longues boucles brunes tandis qu'Hecate tente tant bien que mal de suivre la conversation qu'elle entretien avec sa tante. « Troisième année à la rentrée alors... tu es excitée ? » La jeune fille retient une grimace, sa cousine vient de lui tirer les cheveux. Au loin, elle voit Asteria, Isidore et Merlin rire ensemble, et elle a un pincement au coeur. Petite dose de jalousie pour celle dont la soeur est l'idole. Elle se lève, prend Hermine avec elle. « Oui tante Agatha. J'ai hâte de rentrer à Poudlard ! C'est chouette de passer les vacances ici mais bon, maintenant que j'ai treize ans, j'aime bien aussi être entourée de mes amis. Et puis Poufsouffle c'est vraiment la meilleure maison, tu verrais notre Salle commune... elle est trop bien ! Je serai peut-être dans l'équipe de Quidditch cette année, mais si je ne le suis pas, l'infirmière m'a donné la permission de passer quelques heures par semaine avec elle pour que je voie comment elle s'occupe des élèves blessés ou malades. C'est trop bien ! Je préférerai ça, je crois. Bon, j'y vais, je retourne voir Asteria ! » Et sans s'en rendre compte elle court ensuite, rejoindre ceux qui ont le privilège d'être amis et famille : les autres Nott.

C'est une chaude journée d'été et ils sont tous réunis dans la demeure de Robert et Agatha. Ils y sont tous, tous ses cousins et cousines, oncles et tantes, et les siens. C'est un portrait qu'on croirait échappé d'une peinture, un tableau parfait. Ils sont tous beaux les Nott, souriants, heureux. Ils ont tous réussi, et ils sont fiers. De beaux enfants, une lignée intelligente, une érudition transmise. Ils feront de grandes choses, c'est sûr ! En les voyant là, comment ne pourrait-on pas les envier ?

Elle a un sentiment de plénitude, quand elle s'arrête pour regarder ses parents qui se tiennent l'un à côté de l'autre, heureux, amoureux. Et qui le seront encore quand elle sera à leur place, un jour, dans quarante ans peut être. Et sa soeur, belle, indépendante, et si intelligente, qui trouvera un vrai prince quand elle sera en âge de se marier, un qui la fera reine, même.

Et elle, petite Hecate, au seuil de sa vie.

C'est un bonheur divin qui les attend... oui, en cet instant, elle jurerait qu'ils sont éternels.



Dernière édition par Nola Davis-Potter le Lun 4 Sep - 23:17, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://paper-town.forumsactifs.net
 
HÉCATE ▲ amor vincit omnia
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [Moyen-Confirmé] Amor Aetenus Bannière.
» ['Christa] Regrouper les catégories en Onglet
» [tuto] Votre SIM en micro SIM pour iPad et iPhone4
» [Résolu ...]Couplage Zumo 340LM/Sena SMH5/samsung omnia w
» Parefeu windows activé , souhait de mettre oneline amor

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
P A P E R • T O W N :: WELCOME TO NEW YORK :: Terminées-
Sauter vers: