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 ivo gabriel › aux sombres héros de l'amer

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C. Lula Comaneci

desert rose ❀


Messages : 806
Date d'inscription : 24/11/2010
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MessageSujet: ivo gabriel › aux sombres héros de l'amer   Sam 7 Oct - 22:35

Ivo Gabriel Nygaard


âge ◆ cinquante-cinq ans et toutes ses dents. pas de blagues sur son âge, c'est cruel dans une ville où certains vieux croûtons de sa génération conservent une apparence d'apollon.
nationalité ◆ danois, fier et grognon. des origines italiennes se baladent un peu dans son arbre généalogique - ce qui lui a valu son premier prénom original - mais il s'en fout complètement.
en ville depuis ◆ six ans, il vivait à copenhague avant son divorce. vejle n'est pas un hasard, sa curiosité tourne depuis longtemps autour du mystère danois le plus célèbre, mais il n'est pas ici pour trouver la fontaine de jouvence. plutôt pour voir ce que ça donne, pour le challenge professionnel aussi. dircab du maire d'une ville dont le secret fait rêver le monde entier, c'est plutôt chouette non ?
métier ◆ directeur de cabinet du maire de la ville (dircab pour les intimes), explosif et très compétent. dans les couloirs, on le surnomme parfois odin ou ragnarök — ce qu'il considère non sans fierté comme ses surnoms les plus prestigieux... mais surtout, les moins insultants.

situation matrimoniale ◆ divorcé depuis six ans, père de quatre enfants - Nikolaj (30 ans), Henrik (27 ans), Marcus, (25 ans) et Josefine (22 ans) - qui vivent leurs vies désormais. une ex-épouse à qui il ne manque (presque) pas et une descendance qui n'a plus besoin de lui : un joyeux portrait de famille.

orientation sexuelle ◆ hétérosexuel, même si la question n'a intéressé personne depuis son divorce. grognon, explosif, et seul.  

groupe ◆ sweet
avatar ◆ peter freaking awesome capaldi
le temps ◆ gabriel n'est pas affecté par cet étrange phénomène qu'on appelle le Temps. enfin, si, mais dans le sens où il vieillit et se sent vieillir d'année en année, pas de souci, il répond bien présent. en revanche, il ne fait pas partie des chanceux (?) qui voient leurs rides se figer et leurs corps conservés. en tant que dircab du maire de la ville, c'est bien évidemment qu'il en a entendu parler. il est un peu venu ici pour ça, d'ailleurs, lorsqu'après son divorce, copenhague ne lui a plus paru si charmante. ça le faisait marrer, il n'y croyait pas vraiment et ne comptait pas rester plus de deux, trois ans. force est d'avouer qu'après le double passé ici, le charme de Vejle, si ce n'est son sortilège, semble avoir agi sur lui.

il en parle peu, parce-qu'il n'a malgré tout pas réussi à se former une opinion arrêtée et ça le dérange, puisqu'il aime bien avoir une opinion sur tout ce qui bouge (et qui ne bouge pas). ça l'effraie un peu, à vrai dire, à tel point qu'il a interdit à ses enfants de lui rendre visite ici. il préfère aller à leur rencontre plutôt que de risquer de leur faire attraper un virus spatio-temporel. ou magique. peu importe.

alors, il s'en tient loin. il conseille le maire sur la ligne politique à adopter concernant cet étrange phénomène mais il refuse tout commentaire public, et il ne souhaite pas rencontrer les personnes atteintes. dans le fond, ça lui fait peur. gabriel est rationnel et aime l'ordre, alors les gens qui ne vieillissent pas et qui gardent la même apparence, ça le dérange. sans compter tous les tracas administratifs que ça cause ! et puis non, non, ce n'est pas normal. les trucs de science-fiction, c'est bon pour les romans, les films ou l'internet. pas pour sa vie quotidienne.

cependant, il n'irait jamais stigmatiser les personnes atteintes, les exploiter pour la science, ou les discriminer. en tant que décideur de politiques publiques, sa ligne est claire. même s'il s'en méfie car il présume que tous les habitants atteints (et conscients) n'ont pas que de bonnes intentions, et même s'il n'aime pas grand monde, il met en priorité la protection de ses citoyens et de la personne humaine. donc, il voit d'un très mauvais oeil les scientifiques, militaires et autres vautours qui souhaiteraient trouver le mystère de la vie éternelle après avoir disséqué quelques cadavres danois... même si ça va à l'encontre de ses convictions, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger sa ville et ses habitants.

caractèrece qu'on retient de lui, directement, c'est que gabriel est impressionnant. il crie fort, il jure souvent, il semble n'avoir peur de rien et il dit toujours de manière absolument directe ce qu'il pense. dès qu'il se calme pourtant, il devient bien plus abordable. ◆ c'est un homme très observateur, qui souvent juge les gens à leur juste valeur. il se prend un peu pour un vieux sage, même si la plupart du temps, ses concitoyens préfèrent dire « gros con ». ◆ en fait, il est d'un naturel joueur et joyeux et il aime beaucoup les blagues. s'il y avait un championnat du monde de "dad jokes", il serait sûrement parmi les finalistes. ◆ ses enfants sont tout pour lui, ils sont extrêmement proches. gabriel a beaucoup de défaut, mais il est résolument loyal aux siens, à sa famille et à ses (quoique rares) amis. il irait très loin pour les gens qu'il aime. du coup, il s'écoule rarement plus de deux semaines sans qu'il n'ait chacun de ses quatre enfants au téléphone. son ex-femme lui reproche de l'avoir délaissée elle, mais personne ne pourra remettre en doute son investissement vis-à-vis de ses petits monstres. ◆ il s'accommode de sa solitude et se sent parfaitement heureux avec un bon livre ou un film pour ses soirées vacantes. joueur talentueux d'échecs, également, il est toujours partant pour essayer de mettre la misère à son adversaire. ◆ passionné par son travail, nul ne connaît mieux les enjeux de la gestion d'une ville que lui. il hait autant qu'il aime le milieu politique, qui le lui rend bien. il n'aime pas les journalistes non plus, qui sont tous des fouille-merde à ses yeux - enfin, sauf ceux qui écrivent dans leurs colonnes qu'il est « le maire à la place du maire ». ◆ si vous ne l'aviez pas encore deviné, gabriel est orgueilleux et digne, et il aime bien se donner des grands airs supérieurs, même si ça, c'est surtout pour le show public. en privé, même si on échappe rarement à ses remarques acerbes et ses réflexions sur sa supériorité intellectuelle, il est assez charmant.


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où avez-vous connu le forum ? ◆ par moose et potterbird  :coeur:

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MessageSujet: Re: ivo gabriel › aux sombres héros de l'amer   Sam 7 Oct - 22:35


draco dormiens nunquam titillandus

le hasard fait bien les choses mais les hommes ne font rien pour en profiter.

chapitre 1 : sérieuse innocence ◆ « Gabriel, quand on sera grands, on se mariera ? » Le garçon s'immobilisa un instant, en équilibre précaire. Prenant son temps pour se rétablir, posant la pointe de sa chaussure dans un petit creux, il se tourna enfin, et jeta un œil vers le sol, d’où provenait la petite voix. Mais à cette hauteur-là, sa vision était limitée. Plissant les yeux, il aperçut enfin les mèches rousses de la petite fille qui le regardait attentivement, un pissenlit entre les mains. Gabriel se tenait déjà presque en haut des cimes, essayant de trouver la meilleure solution pour monter un peu plus haut. Encore un peu plus haut... S’il se laissait distraire trop longtemps, il risquerait de tomber, et à cette hauteur, il pouvait se faire très mal. « Pourquoi tu me demandes ça ? » Il eut l'impression de devoir crier, pour que sa voix enfantine porte jusqu'à sa destinatrice. Mais même depuis son point de vue, il vit la rouquine hausser les épaules. « Je t’aime bien. Je t’aime plus que les autres. T’es pas idiot et t’es toujours gentil. Sauf quand tu fronces les sourcils, tu me fais un peu peur. Mais je sais que c'est pour de faux, la plupart du temps. »

Sans même s’en rendre compte, Gabriel fronça les sourcils. Lui, pour le moment, ce qui l’intéressait, c’était de grimper aux arbres et de faire des tours de magie avec les cartes de tarot de ses grands-parents. Il aimait aller à l’école, aussi. Apprendre des tas de choses, et être le plus doué. Il était déjà un acharné du travail, Gabriel, supportant mal la contradiction, mais sachant reconnaître ses torts. Un gamin loyal et gentil, au fond, même s’il avait souvent tendance à prendre un air grave. Ses boucles brunes et son regard très bleu, ou gris, comme un ciel d’hiver ou un lac gelé, le rendaient beau, même s’il était un peu maigre par rapport aux autres garçons. Mais eux, ils passaient leur temps à se battre, alors que Gabriel ne faisait rien de tout ça. Il ne cherchait pas à coller des objets dans les cheveux des filles, à piquer de l’argent pour acheter des bonbons, à se moquer des autres. Au contraire, on le remarquait assez facilement avec ses manières délicates et son calme inhabituel chez un garçon de neuf ans. Le nez dans les bouquins, ses jolis yeux clairs protégés par des lunettes rondes à verres épais. Il parlait peu, mais bien, et il aimait beaucoup la poésie. La rumeur à l’école voulait qu’il eut commencé à apprendre l’anglais ou le français – quelle drôle d’idée ! Oui, Gabriel Nygaard était un petit phénomène, mais il n'avait pas l'air de s'en rendre compte, prisonnier de son monde peuplé de monstres à combattre et de tours d'ivoire à grimper.

La petite rousse fit la moue, déçue par son absence de réponse, et jeta son pissenlit sur le sol. Après tout, c'était lui qui lui avait demandé de venir jouer chez elle, et voilà que maintenant, elle le regardait grimper aux arbres. Elle lui avait déjà dit que ce n'était pas utile, qu'il n'avait pas besoin de l'impressionner et que c'était dangereux. Mais il n'avait rien voulu entendre. Soudain, un cri la fit sursauter. Il l'appelait, elle. Helena leva la tête, mais n'aperçut rien, alors elle se recula de quelques mètres et éclata de rire. Là-haut, souriant, triomphant, la figure écorchée par les branches sèches et les cheveux emmêlés de feuilles mortes, Gabriel se tenait sur la plus haute branche, et sa tête émergeait du feuillage or et rouge. Elle riait tellement qu'elle faillit ne pas entendre ce qu'il lui dit juste après. La promesse d'un garçon de neuf ans.

« Promis, Helena ! Quand on sera grands, on se mariera ! »



chapitre 2 : conflictuelle raison ◆ C'est le soupir profond de sa mère qui lui fait relever la tête. Par anticipation, sa mâchoire se contracte, son visage se ferme. Il sait ce qui se prépare, et même la délicate main d'Helena qui se pose sur sa cuisse ne suffit pas à le calmer. Comme d'habitude, elle prendra sa défense, son ton maîtrisé malgré l'exaspération qu'elle ressent à son tour. « Et alors, comment ça se passe au travail ? » Il ferme brièvement les yeux et puis tâche de se concentrer sur son assiette. Décortique un par un les aliments tandis qu'entre sa femme et sa mère se joue une pièce trop connue et désormais usée. « Rita, je ne crois pas qu'il soit judicieux de parler de cela. Gabriel est très occupé, comme d'habitude, vous le savez bien. » « Bien sûr Lena, bien sûr. Mais enfin, ce n'est pas ainsi que vous pourrez continuer votre vie de famille. C'est insensé. Avec un troisième enfant en route... je ne dis pas que vous n'y arrivez pas, vous êtes des parents formidables, évidemment. Mais entre nous, Gabriel, tu n'aurais jamais dû te lancer en politique. L'énergie et le temps que ça te prends ! Et Helena, tu es une femme incroyable mais avec ton travail... vous pourriez nous confier les enfants. On ne les voit jamais. Et ça leur ferait du bien d'être loin de l'agitation de Copenhague, en ce moment. Je t'assure Gabriel, je m'inquiète en voyant ton nom dans les journaux. Un jeune père ne devrait pas s'impliquer en politique à ce point. Tu sais, cette vocation ne t'a jamais convenu, au fond. Tu aurais dû continuer tes études de médecine. »

Il croise le regard de son père, impassible, lui aussi très absorbé par l'excellente purée dans son assiette. Les dîners de famille ne sont pas tous comme ça, mais franchement, un seul dans le genre suffit à les refroidir jusqu'à Noël prochain. Sa douce mère chante la même chanson tous les jours ; à savoir que la politique n'est pas un monde pour lui. Elle ne s'est jamais autant trompée. Il a ça dans le sang, Gabriel. La fureur de l'action qui bat dans ses veines, le moteur de la passion qui fait battre son coeur. Petit à petit il se fait sa place dans ce milieu. Lui, le danois aux yeux trop bleus venu d'une ville que ses collègues ne sauraient même pas placer sur la carte. Lui qu'on commence déjà à redouter, comme un volcan au bord de l'implosion. Il fulmine perpétuellement, avale des dossiers par dizaine et synthétise tout dans son esprit ultra-performant. À se demander s'il dort la nuit, et ses collègues n'arrivent pas à déterminer si malgré son alliance, il est vraiment marié vu les nuits blanches qu'il passe à son bureau. Toujours plus. Mais ça ne date pas d'hier... depuis qu'il est engagée dans les clubs de politique au lycée, depuis qu'il a abandonné ses études de médecine en première année parce-qu'au lieu de travailler pour ses examens, il rédigeait des notes de synthèses et documents qu'il envoyait à son parti. Depuis toujours, il a su qu'il pouvait le faire. Pas pour être dans la lumière et récolter la gloire, mais plutôt pour bosser dans l'ombre et permettre aux bonnes choses de s'accomplir. C'est comme ça. Il vit guidé par son sens très aigu du bien et du mal, même s'il lui est parfois très particulier. Il fera un tacticien de génie alors qu'il aurait fait un mauvais médecin, dépressif probablement. Quant à sa vie de famille... Ses enfants sont tout pour lui. Sa femme aussi.

Le chemin du retour est un peu pesant, malgré l'entrain feint d'Helena, les yeux rivés sur la route alors qu'elle conduit prudemment - il y a beaucoup de neige. Les deux garçons dorment sagement derrière. Il sait qu'elle se fait du souci pour lui. Que les fissures dans les murs de leur mariage sont déjà trop profondes. Mais la route est longue et finalement, même s'il passe son temps à râler, Gabriel est optimiste. Il y arrivera. Concilier les deux, ça ne doit pas être bien difficile, après tout. Il suffit de s'organiser.



chapitre 3 : certitudes vacillantes ◆ C'est terminé. Gabriel regarde les signatures devant lui, les feuilles de papier trop blanc sur lesquelles est imprimé un charabia juridique auquel il ne souhaiterait rien comprendre. Helena est assise à ses côtés, le même formulaire pareillement paraphé sur ses genoux. Ils ne parlent pas, mais pensent la même chose. Tout ça pour ça... Ils s'aiment, pourtant. Au présent. Mais c'est devenu trop difficile. Leur couple a survécu à des ouragans, mais là c'est la corde savamment tissée qui finit par se briser à force d'usure. Quarante-neuf ans, vingt-quatre ans de mariage, quatre enfants, et une décision idiote un soir pas comme les autres. Car Helena est occupée, fatiguée, lasse. Gabriel est énervé, éreinté, borné. Son boulot a fini par le ronger petit à petit et pendant presque deux ans il a disparu, voué corps et âme aux élections de son parti. Disparu de la maison où il ne rentrait plus que pour changer de vêtements, quand il n'envoyait pas sa secrétaire peinée aller chercher des chemises. Disparu de son lit pour s'endormir trop souvent dans le canapé défoncé de son bureau. Disparu des soirées où ses amis n'invitaient plus qu'Helena. Disparu des réunions parents-profs qu'il suivait virtuellement, comme la vie de ses enfants. Un fantôme omniprésent. Et nerveux, avec ça. Brusque, rageur, fumant, bouillonnant, déversant sa lave en fusion sur les pauvres âmes infortunées qui avaient le malheur de croiser son chemin. Irascible. La dispute était prévisible, mais moins les mots de sa femme - « je veux divorcer. » Et leurs fiertés insupportables qui les ont pour une fois éloignés au lieu de les rapprocher.

Maintenant, c'est fait. « Alors, soulagée de ne plus être madame Nygaard ? » Elle lui jette un regard assassin. « T'es trop con. » Bien, au moins elle ne le verra plus. Il part de Copenhague. Puisqu'on le chasse, Gabriel choisit l'exil. Blessé à mort, mais il ne laissera personne voir à quel point il souffre, plus jamais. Il a posé sa démission quelques heures auparavant. Une autre opportunité est arrivé par mail à peine une demi-heure après. Vejle. Il n'a pas encore regardé, il n'en a pas encore la force. Ses enfants lui ont conseillé de prendre une semaine de vacances, et pour une fois, il va s'exécuter. Pas de téléphone, pas de danois, pas de famille. Juste lui et sa tête en permanence remplie de choses. Il n'est pas le genre à aller se poser les fesses au bord de la piscine, non, il ira voyager, faire un petit tour d'Europe comme il faisait dans le temps, avant qu'il ne se fasse bouffer par la routine. En fait, il est allé en Italie. C'était bien. Il a récupéré une vingtaine de contacts politiques, deux offres de travail, un numéro de téléphone d'une jeune demoiselle qu'il s'est empressé de jeter (le numéro, pas la fille), un jeu d'échecs fait main par un ébéniste de Naples, et du vin. Pas si mal pour des vacances. Mais maintenant, il ne sait pas. Tout son système de vie et de pensée s'écroule. Un demi-siècle de certitudes qui se fait pulvériser comme une pastèque lancée du haut de l'Empire State Building parce-qu'il a un peu déconné. Il n'est pas du genre à s'apitoyer sur son sort alors il s'en remettra, mais en attendant, ça l'emmerde. Et il n'aime pas être emmerdé.



chapitre 4 : bouleversements sereins ◆ Ils l'attendent à la sortie de la conférence, leurs micros aussi aiguisés que leurs dents, qui rayent le parquet. Ils hurlent son nom, monsieur Nygaard, monsieur Nygaard, il y en a même un qui se permet de lâcher l'un de ses célèbres surnoms - Odin. Il s'en faut de peu pour qu'il ne lui mette pas une mandale. Oh, il ne leur a pas fallu longtemps à eux non plus pour réaliser qu'il mérite sa réputation. Surtout ici... la ville hors du temps, la ville éternelle et autres conneries de tournures littéraires. Gabriel aime beaucoup la littérature, mais pas celle-là. Lui, il aime faire son job et son job c'est de dire aux autres ce qu'ils doivent faire. Pas le temps de s'embarrasser de fioritures, on n'est pas là pour enfiler des perles après tout. C'est d'une oreille distraite qu'il entend la sonnerie de son téléphone personnel, toujours rangé dans sa poche gauche (alors que son téléphone professionnel appartient évidemment à la poche droite). Un texto. Helena. « Tu veux venir à Copenhague ce week-end ? Niko et Henrik seront là. » C'est à ce moment qu'une jeune journaliste aux grands yeux bruns arrive à le coincer et lui braque son gros micro sous le nez. « Monsieur Nygaard ! Un mot sur la présence en ville des corps armés à Vejle depuis ces six derniers mois ? Et sur la supposée jeunesse éternelle qui frappe certains habitants ? » Un instant, il se fige et lit dans ses yeux l'espoir d'un mot exclusif du grand Odin. Une deuxième vibration dans sa main gauche qui n'a pas lâché sa petite possession. Un coup d'oeil en coin. « J'en ai marre d'être loin de toi. » Classique, ses épais sourcils gris se fronçant. Sourire carnassier. « Non. Et un conseil, à l'avenir, gardez vos stupides questions pour vous. » La jeune femme le regarde un instant, blessée, vexée, probablement furieuse contre ce vieux politicien enorgueilli de son prestige. Mais lui est déjà loin. Il a, peut-être, une vie à recommencer.
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