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 tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie / hermia

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Zelda Havel

desert rose ❀


Messages : 821
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MessageSujet: tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie / hermia   Ven 18 Mai - 22:49




- hermia siân mcfarland -
le crime de rêver je consens qu'on l'instaure
si je rêve c'est bien de ce qu'on m'interdit
je plaiderai coupable il me plaît d'avoir tort
aux yeux de la raison le rêve est un bandit


i. and though she be but little, she is fierce
- âge et lieu de naissance: vingt-neuf ans déjà, entre la douceur de son sourire et ses yeux malicieux. vingt-neuf ans et une infinité de souvenirs depuis qu'elle a vu le jour à newquay sur les côtes de cornouailles, un matin de printemps. - origines et nationalité: hermia est née anglaise, à la croisée des chemins entre une mère galloise et un père écossais. - statut familial: fille unique d'un couple qui a volé en éclats il y a bien longtemps, elle a vécu uniquement avec son père depuis ses dix ans, et entretient une rivalité brûlante avec celle qu'elle n'appelle plus « maman ». la fille de son père, seulement.- statut civil: célibataire, coeur à prendre, coeur volage, elle est joueuse sans jamais penser à mal. elle ne fait pas partie de ces filles qui rêvent d'un mariage en blanc et d'avoir beaucoup d'enfants. elle veut se sentir libre d'aimer sans renoncer à ses rêves, même si elle est maladroite. ce n'est pas là où elle excelle. - occupation: pendant longtemps elle s'est épuisée sur des études de littérature et d'histoire ancienne, presque déjà destinée à devenir enseignante, obligée de renier son rêve pour un métier sans passion, elle l'a finalement touché des doigts. désormais comédienne professionnelle depuis trois ans, elle rayonne en ce moment sur les planches en incarnant ophelia d'hamlet - cinq choses favorites: 01. y'a le théâtre, bien sûr, c'est sa vocation. et puis y'a ses livres et les histoires qu'elle invente, les contes et les légendes... mais c'est une évidence, ça. alors on dira que parmi ses choses favorites, hermia aime danser. que ce soit lors de son cours de danse ou au coeur des atmosphères saturées des concerts, en secret chez elle ou aux yeux de tous dans la rue, tant que la musique trouve un écho dans son coeur elle n'hésitera pas. elle n'a pas peur du ridicule et elle trouve ça profondément libérateur, en particulier si elle peut accompagner sa danse de quelques vocalises. bombe d'énergie, hermia. 02. les voyages, elle regrette de ne pas pouvoir en faire plus, et pourtant elle se sent incroyablement joyeuse en regardant les cartes postales qu'on lui envoie, ou en entendant les récits des autres. mais rien que quand elle prend le train pour se rendre à londres ou rentrer à newquay, elle trouve ça très satisfaisant d'appuyer sa tête contre la vitre et de regarder le paysage défiler devant ses yeux, de la musique dans les oreilles. 03. ayant vécu en cornouailles, hermia a un profond amour pour la mer et l'océan, pour les espaces naturels sauvages et les falaises. elle serait malheureuse loin de l'eau et loin de la nature. elle accompagne ça d'un grand enthousiasme pour le surf et les randonnées. pas franchement une citadine, même si elle donne bien le change. 04. c'est aussi inscrit dans son adn, dans ses origines: elle ne peut qu'aimer la pluie, les orages, les temps sombres qui font fuir tout le monde. ça lui donne la liberté de se promener avec ses bottes en caoutchouc et son immense parapluie, insouciante, parfaitement à son aise dans le vent glacial qui agite les côtes britanniques. bonus si tout cela arrive au plus profond de la nuit. 05. les choses simples, en fait. l'odeur du feu dans la cheminée ou celle d'un gâteau en train de cuire, le sourire de ses amis, les bijoux sans prétention, le bruit des applaudissements, cueillir des fleurs sur le bord de la route, une partie de cartes, dormir nue l'été, une bière fraîche après le travail et les pizzas supplément fromage. les petites choses de la vie quoi. - saison préférée: elle a beau être née au printemps qu'elle affectionne aussi, hermia est une fille de l'automne. les camaïeu de rouges et jaunes, l'odeur des clémentines, les grosses écharpes et les grands manteaux, c'est son idéal. une promenade en forêt, aller ramasser des citrouilles, se faire un thé devant une série... elle trouve toute une poésie dans l'automne, jusque dans la bouillie des feuilles marron pourries au sol et les gros nuages sombres qui couvrent l'horizon. « et que j’aime ô saison que j’aime tes rumeurs / les fruits tombant sans qu’on les cueille / le vent et la forêt qui pleurent / toutes leurs larmes en automne feuille à feuille » - traits de caractères: optimiste, altruiste, ambitieuse, travailleuse, fière, émotive, orgueilleuse, curieuse, rancunière, loyale, malicieuse, audacieuse, indépendante, revancharde, ingénieuse, un brin naïve. - groupe: hellebore. - avatar: bb jessica brown-findlay  :ticoeur:

iii. i was born good but grew progressively worse each year
- pseudo/prénom: mou/manon - âge et pays: 23 ans + France - type de personnage: inventé :ticoeur: - votre avis sur le forum: ça m'a l'air très chouette par ici  :heart2:  - où avez-vous connu le forum: bazzart je crois ! - autre: :ours:


Dernière édition par Zelda Havel le Dim 27 Mai - 16:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie / hermia   Mer 23 Mai - 19:01

ii. mischief managed

C’est le serveur qui me tire de mes pensées, en me demandant poliment ce que je désire boire. « J’attends quelqu’un… je commanderai plus tard », dis-je simplement dans un sourire. Il acquiesce, et repart, me laisse de nouveau seule avec mes pensées. J’ai les yeux rivés sur la rue derrière la grande vitre du salon de thé, sur la rue grisée par les gouttes de pluie qui martèlent le trottoir et les parapluies des passants d’une charmante mélodie. J’ai toujours bien aimé la pluie, et c’est un sacré avantage quand on vient d’un pays comme le mien. Finalement je n’y tiens plus, je lâche un soupir et regarde ma montre : il est en retard. Pour une fois, je suis arrivée en avance, ne tenant pas particulièrement à faire mauvaise impression le jour de ma première vraie interview dans un journal local. Et c’est mon journaliste qui semble avoir oublié l’heure, et voilà qui tombe bien, puisque de toute évidence j’adore me complaire dans mon stress. Pas que je sois facilement irritable, ce n’est vraiment pas le cas. Mais je n’arrive pas à m’ôter de la tête que c’est important, que c’est la première fois et que mon visage sera en une avec un titre imprimé en grosses lettres capitales, avec un jeu de mot idiot, surement quelque chose comme « Hermia is the new Ophelia ». Plus un pour les fans de ce cher William.

« Miss McFarland ? » Je me retourne, et bingo, mon journaliste est arrivé. Je me lève pour lui serrer la main, mon anxiété me lâche un peu. Un coup d’œil discret, il a l’air sympa. Grand, un regard brun, aimable. Et pas de montre. « Hermia, je vous en prie. » « Aha, c’est ce qu’on appelle un prénom prédestiné… votre mère a eu le nez fin ! Je suppose qu’elle n’aurait pas pu mieux choisir si elle avait voulu faire de sa fille une star ». Quoi ??? Je le regarde, yeux écarquillés, sourcils froncés et lèvres entre-ouvertes dans ce qui doit ressembler à une formidable expression de surprise mêlée à une certaine fureur. Ça l’empêche de continuer et ça tombe bien, parce-que c’est un coup à me faire fuir en courant. Est-ce qu’il sait pour ma mère ? Est-ce qu’il est intentionnellement en train de m’humilier ? Est-ce qu’elle a tout découvert et est-ce qu’elle l’a payé pour écrire des horreurs à mon sujet ? J’ai mille questions qui me traversent la tête et j’vous jure que ça n’a rien à avoir avec de la paranoïa et que ce serait absolument son genre de mettre en œuvre ce genre de mécanismes tordus. À son air incrédule je réalise qu’il faut que j’articule un ou deux mots et de préférence pas « fuck you ». Au vu de son regard interloqué je devine que ce n'est pas un acteur, l'infinie incompréhension dans ses grand yeux est trop flagrante. Il est juste vraiment maladroit pour me sortir autant d’âneries trente secondes après m’avoir rencontré. Alors je ravale ma rage et secoue la tête, composant un sourire de circonstances, je retrouve mon calme et je réfléchis soigneusement à ce que je vais pouvoir dire. Ma conscience me souffle de dire la vérité, suivie de près par le petit diable sur mon épaule qui souligne que comme ça, si jamais elle tombe un jour sur cet article elle regrettera peut-être vraiment de ne pas avoir payé un mouchard pour me calomnier en public. Avoir une longueur d’avance, c’est comme ça qu’on dit ? Je peux déjà imaginer le regard désapprobateur de mon père s’il entendait ma réflexion. Et son regard désapprobateur si lui aussi apprenait la vérité. C’est compliqué, tout ça… Mais bon, l’un exilé en Cornouailles et l’autre occupée à mettre son monde à feu et à sang à Londres ou bien dieu sait où, peut-être même à St Petersbourg ou à Tokyo, je me risque à laisser ma rancœur s’en aller. C’est mon interview après tout, pas un règlement de compte par médias interposé. « En fait, non, c’est mon père qui a choisi mon prénom. Ma mère est morte, je déclare après une soudaine inspiration. Aïe, est-ce que j’en ai fait un peu trop ? Je sens qu’il s’apprête à me faire part de ses condoléances (est-ce que ça fait un bon article, ça, la nouvelle actrice en vogue orpheline de mère ?) mais je ne lui en laisse pas le temps. Je souffle que je préfère ne pas en parler et que c’est douloureux. J’hésite à lui demander de ne pas l’écrire… mais bon, même si ça fait le tour de Brighton personne n’est au courant et personne n’a à l’être. McFarland c’est le nom de mon père et c’est tout ce dont ils ont besoin de savoir. Et hop, maintenant on raccroche le wagon de la vérité. On peut tous s’accorder des petits fantasmes, non ? C’est mon père qui m’a élevée. C’était lui le grand amoureux du théâtre dans la famille. Il m’emmenait toujours voir des représentations quand j’étais petite. En fait, il était volontaire pour aider en régie, aux lumières, alors souvent je me glissais avec lui tout en haut et j’avais une place de premier choix pour les spectacles. J’ai vu mille pièces… Je sens que je souris, et qu’il partage mon souvenir heureux. J’espère qu’il l’écrit, ça. J’ai aussi appris, du coup. L’éclairage, la technique… bien avant que je prenne mon premier cours, ça devait être vers sept ans. » Expérience d’ailleurs immédiatement avortée par la mégère qui ne pouvait pas imaginer que son enfant unique veuille lui faire de l’ombre si tôt. Enfin, elle n’a quand même jamais réussi à m’interdire de faire chaque année la pièce de théâtre de l’école, les comédies musicales au lycée et même de diriger le club d’arts à l’université. La revanche n’est pas spécialement un plat qui se mange froid, mais plutôt qui mijote longtemps, si vous voulez mon avis. « C’est grâce à lui si j’en suis là aujourd’hui. Nous sommes très proches. » À ce détail près qu’il ignore que je fais ce métier au niveau professionnel depuis quatre ans. Et qu’il croit que je suis seminar teacher à l’université, en littérature ou en histoire antique, enfin, la matière dans laquelle je suis censée terminer mon doctorat. Je ne sais plus ce que je lui ai raconté exactement, j’oublie tout le temps. Heureusement, les questions du genre « ta thèse avance ? », « le travail ça va ? », « pas trop difficiles tes élèves cette année », ça laisse de la marge pour répondre. Au pire, je pourrai toujours dire que j’ai changé de spécialité… c’est l’avantage d’avoir un très bon diplôme dans les deux disciplines.

« Mais vous n’avez pas fait d’école de théâtre, n’est-ce pas ? Vous vous êtes lancée dedans en amateur ? » Je prends mon temps pour répondre, pour décider comment présenter mon parcours (mon étonnant parcours selon mon metteur en scène, m’enfin ça n’a d’étonnant que pour lui, en réalité). « J’ai toujours fait du théâtre. Tous les ans depuis que j’ai commencé, sauf peut-être pendant une période. Je reste évasive, il peut mettre ça sur le compte de ce qu’il veut. Je doute qu’il me croie si je lui raconte, de toute façon. J’ai fait des études de littérature et d’histoire ancienne à l’université de Bristol. »

J’ai beau aimer ma région natale avec une passion inchangée depuis trois décennies, et ma ville natale et toute la côte, c’est difficile de faire les choses bien en restant à Newquay. J’aurais pu aller à Exeter mais j’avais envie de découvrir autre chose… on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Enfin, dix-huit à l’époque. Et puis c’était près du Pays de Galles, aussi. Ah, oui, je sais : comment est-ce possible que j’aime aussi autant le Pays de Galles alors que c’est de là que vient mon bourreau ? Honnêtement, j’aime toutes les villes du moment qu’elles ont quelque chose à m’offrir et j’aime tous les endroits qui sont surprenants, et un peu sauvage. C’est absolument le cas du Pays de Galles, et j’y allais souvent. Ma mère n’a pas empoisonné tous les cours d’eau de cette partie du pays et de toute façon, elle hait sa région natale. Pas assez glamour pour elle (sans rire, elle dit qu’elle vient de Los Angeles). Alors, oui, Bristol et la région. C’était de toute façon hors de question pour mes parents que je fasse quoique ce soit d’artistique. Mon père pensait rationnellement que ça ne m’offrirait pas de carrière stable et même s’il était bien le seul à ne pas douter mon talent, il avait peur que ça soit trop difficile pour moi. Il préférait largement me voir dans un domaine plus intellectuel, étudier mes autres centres d’intérêt – les livres et les ruines. Il croyait aussi que je voulais me lancer dans les arts de la scène spécifiquement pour ennuyer ma mère et il craignait vraiment que ça ne me ronge. Ou qu’elle ne me tue, j’hésite encore. Mais ni l’un ni l’autre : j’ai aujourd’hui un emploi stable et une carrière qui commence à voir le jour avec de très belles critiques dans les revues spécialisées. Et j’ai vraiment toujours aimé le théâtre, même avant que je ne comprenne vraiment de quoi il s’agissait. Ça n’a jamais été ni pour elle, ni contre elle, mais juste uniquement pour moi. C’est elle qui en a fait tout un plat.

Ma mère est une grande actrice. Enfin, était. Elle a eu son heure de gloire pendant environ quinze ans, entre 1990 et 2005. Pourtant elle vient de rien, ma mère, même si elle est née dans une famille très aisée galloise, au final, elle n’a rien que ses rêves de gloire pour elle seule. Ses parents voulaient la voir épouser un homme de bonne famille, mais déjà à l’époque elle n’en faisait qu’à sa tête. Alors quand elle a rencontré mon père, qui n’avait d’yeux que pour elle, elle a sauté sur l’occasion et l’a épousé à tout juste vingt-et-un ans. J’arrivai onze mois plus tard… et ça a été le drame de sa vie. Elle avait tout plaqué tôt pour Londres, quittant l’école après ses A-Levels pour réussir sur les planches. Avec ses cheveux blonds platine – teints, car mes cheveux couleur corbeau je les tiens d’elle à l’origine – et sa gueule d’ange elle a rapidement tapé dans l’œil des bonnes personnes. Et alors qu’on allait lui proposer un rôle phare, elle est tombée enceinte. Je lui ai gâché son premier rôle dans un film qui lui aurait valu une récompense, genre Cannes ou un Oscar. Alors elle a rejoint mon écossais de père qui s’était entre-temps installé dans une paisible ville du sud ouest, histoire de me donner naissance dans le plus grand secret, filant aussitôt son méfait accompli faire les yeux doux aux producteurs pour qu’ils la reprennent. Ils l’ont reprise et elle a quitté nos vies un peu comme ça, sans jamais vraiment rompre. Toujours là pour rentrer de temps en temps les week-end dans les plus belles robes, « fatiguée » des tournages, « épuisée » par les photographes. On était devenus sa honte, sa part d’ombre, la famille embarrassante. Les McFarland dont elle ne voulait pas faire partie. J’raconte tout ça, mais au fond on s’en fout de ma mère nan ? Pas tant que ça… elle m’a anéantie mon enfance. J’étais heureuse seulement quand elle n’était pas là. À la maison elle me dénigrait, elle me frappait et elle était souvent ivre. J’ai passé dix ans à entendre dans sa bouche de vipère que j’étais laide, empotée, bête. Je crois qu’elle avait peur que je devienne belle comme elle, ou que ma passion pour le théâtre ne lui fasse un jour de l’ombre. Je ne sais pas vraiment, mais j’étais une gosse, sa gosse, et elle m’a bousillé le cœur en marchant dessus avec ses talons hauts. Mon père m’a protégée comme il a pu, mais pas assez pour divorcer et la mettre dehors une bonne fois pour tout. Il avait son poison dans le sang… elle lui a envoyé les papiers du divorce un lundi de janvier 2000, il faisait très froid. « Résolution pour le nouveau millénaire », avait-elle simplement écrit, cruelle, sur un post-it au stylo rouge. Le début de la fin comme on dit, ou plutôt dans mon cas le début du début. C'est devenu tellement plus simple après, même si elle s'est toujours arrangé pour ne jamais disparaître complètement, pour me rappeler qu'elle a façonné une rivale à son image même si j'ai tout fait pour exploser sa vision du monde.

Le journaliste - Brad ? Bran ? il s'est présenté mais j'ai oublié - continue de poser des questions auxquelles je répond sans m'en rendre compte. Ça m'arrive souvent, ça, de ne pas être dans le moment présent... daydreamer, je crois que c'est le terme. Étourdie pour les mauvaises langues. De toute façon à la manière dont je m'entends parler, il me pose les mêmes questions auxquelles je m'entraînais à répondre devant le miroir de la salle de bains quand j'avais quinze ans, en tentant de prendre un air détaché qui n'avait rien à envier à celui que j'affiche aujourd'hui. En même temps on n'est pas sur de l'analyse psychologique, là. Son papier fera une page, je ne vais pas lui raconter ma vie, j'essaie d'être aussi conciliante que possible.
Pas trop dur de tout abandonner pour se lancer dans le théâtre ? - Non, j'ai toujours su que c'était ce que je voulais faire.
La célébrité, ça vous fait peur ? - Un peu... je fais pas ça pour la gloire, je fais ça parce-que c'est la seule discipline dans laquelle je suis douée.
La pièce dure jusqu'à décembre... une idée de ce que vous ferez après ? - Je saisirai les opportunités qu'on me propose.
Pourquoi Brighton ? - J'ai eu besoin de bouger après Bristol, et je voulais rester dans le sud, près de la mer. Mon prof de théâtre à l'université connaissait un metteur en scène ici, il m'a conseillé d'aller le trouver. Ophelia est mon premier premier rôle professionnel.


Bla bla bla bla. C'est un peu long, en fait. Je n'envie pas les acteurs qui doivent se plier à cet exercice à chaque promo. « Et vous aurez trente-ans l'année prochaine... « Oui, le 26 mars, j'ajoute mécaniquement. Et vous n'êtes pas mariée, sans enfants... ça vous fait quoi ? Ce n'est pas le bon moment, peut-être, vous avez un partenaire ? » Au moins, ça a le mérite de me tirer de mes rêveries. Mon rictus est équivoque. « I couldn't care less. » Il n'insiste pas et c'est un soulagement parce-que je n'aurais pas su quoi lui dire sans me montrer affreusement cynique, et je n'en ai pas envie. Il me sourit encore, griffonne quelques lignes sur son carnet. « Vous me l'enverrez ? Votre article ? » À cela il acquiesce, m'informe qu'il a terminé et qu'il voudrait bien prendre une photo pour illustrer le tout. Alors je m'adosse à mon siège, je pose comme on m'a appris à le faire mais cette fois je regarde l'objectif bien en face. Le flash m'éblouit mais je vois à son expression que le premier essai est le bon.

Il se lève, me demande s'il peut me raccompagner. Je décline poliment et il part, me laissant à nouveau seule, et mes mains serrent la tasse de thé devenu froid qu'un serveur sans visage a dû nous apporter à un moment.
Il pleut toujours dehors.
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